Ca y est, c’est fait. J’ai annoncé hier à ma grand-mère que je me séparais de G. Elle a eu tellement de peine… elle ne comprend pas comment je peux quitter un homme comme lui, si gentil… A son époque, on ne quittait pas son mari, même si c’était pas le bonheur, on restait, on s’en accomodait… Alors, je lui ai demandé si elle désirait que sa petite-fille se sacrifie sur l’autel du mariage… et évidemment, la réponse a été NON. Ah, ma petite mamie, juste ne t’inquiètes pas, je vais bien…
J’ai passé le week-end chez ma maman et son compagnon… Même si c’est pas évident de retourner chez sa mère à 30 ans, j’ai apprécié de retrouver la complicité qui nous lie ma mère et moi, on a fait les courses ensemble pour mon futur appartement… c’était comme au bon vieux temps…. et puis, j’ai regardé toutes les photos d’enfance quand j’étais petite fille haute comme trois pommes… et je me suis souvenue de la vision que l’on a quand on est gamin… cette envie de découverte, d’aller plus loin, cette candeur, cette envie d’aimer, d’être aimé… ce besoin d’affection si énorme, je pense que vous aussi vous vous en souvenez, de l’odeur de votre mère, de couleurs, de matières, de ces visages d’enfants de votre classe, où vous peinez à vous souvenir de leur prénom…
Voilà, trente ans après, j’ai retrouvé toute cette part d’enfance que l’on met de côté, parce que tu as le taff, un compagnon, des enfants… et que la vie passe si vite…. en fait, ce week-end m’a plus conforté dans le fait qu’il faut que je quitte G. Parce que je me suis souvenue de ce qu’était le bonheur, et que je ne suis plus heureuse depuis longtemps…. Alors oui, c’est à travers des yeux d’enfant, mais je crois que se donner les moyens de retrouver ces moments de quiétude et de plénitude c’est aussi la voie qu’il me faut tracer maintenant et c’est seule que j’y arriverai…
j’ai discuté avec Catherine, ma voisine qui s’est séparée de son compagnon, il y a un an… le même type d’homme gentil, attentionné, merveilleux papa… mais se reposant tout le temps sur elle et demandant un maternage permanent… et elle me disait qu’au nom de quoi, quand cela fait des années que tu es avec quelqu’un, que tu as ce sentiment de d’assistanat unilatéral et sans retour qui a fait que tu n’aimes plus l’autre, l’amour pourrait revenir comme cela… comment faire renaître des sentiments qui ont fini par s’éteindre parce que tu as cette impression de sacrifice? non pas depuis 6 mois mais depuis quelques années… l’amour peut-il mourir pour ces raisons-là?
moi je crois que oui, pas uniquement pour ces raisons, mais je vois tellement d’amies autour de moi épuisées par leur quotidien, rêvant d’ailleurs, de liberté, de reprendre le cours de leur vie sans être sans arrêt acculée dans le rôle de femme dévouée au maternage de tous… bref, y a comme un air de déjà vu… alors oui, je ne suis pas entrain de vouloir revenir à ma vision de petite fille d’une vie de couple avec ce mythe de la princesse et du prince charmant qui vivraient heureux pour toujours… c’est évident… mais souvenez-vous de votre regard sur l’amour à cet âge… moi, c’est comme cela que je conçois l’amour, non pas au quotidien (parce qu’il y a des contraintes), mais c’est comme cela que lorsque tu poses les yeux sur ton compagnon, tu dois ressentir au moins une émotion très forte… si tu ne l’as plus, je ne vois pas comment elle peut renaître de ses cendres…
Voilà, la question en suspens est: c’est quoi l’amour au bout d’x années de vie commune? un truc plat et morne où tu n’es pas heureuse mais tu l’acceptes parce que si cela revient une fois par an, c’est déjà pas mal? ou bien est-ce le truc qui te fait palpiter le coeur, où tu es pleine d’admiration, pleine de trucs qui te font chavirer? voilà, moi, je pense que si tu ne vis pas en couple avec ces sensations qui te font battre le coeur, à quoi bon?