La perception des enfants

C’est chulie qui par son commentaire (très apaisant au milieu du tumulte), m’a interpellé. Est-ce qu’un enfant, dans l’amour qu’il porte à son papa et à sa maman, peut en vouloir naturellement à l’un ou l’autre dans la décision de partir? Chulie me dit qu’elle a préféré une maman quitteuse et épanouie à une maman qui serait restée et qui ne l’aurait pas bien vécu…

Je me demande simplement comment ils peuvent en arriver à juger négativement la décision de leurs parents. J’ai lu beaucoup de commentaires sur le blog faisant état de ce que pourraient être les conséquences sur la “destruction” de la famille. Je comprends cette position, mais forcément de mon bord à moi, j’ai davantage une perception positive de l’avenir… sinon ca sert à rien… tu restes à te culpabiliser toute ta vie… Le but est d’assumer ses choix et je crois qu’il y a un moment où il faut avancer… et commencer à amorcer le fait que tu te sentes bien dans ta posture de quitteuse… ce qui pour l’instant n’est pas franchement le cas encore pour moi…

Bref, tout cela pour dire, que si les enfants te sentent bien, qu’ils reçoivent autant d’amour qu’avant, que papa et maman se parlent, qu’ils nous voient ensemble, qu’on aille voir un thérapeute à 4, il n’y a pas de raisons pour qu’ils puissent eux aussi traverser la séparation de leurs parents  tranquillement en comprenant les tenants et les aboutissants… dans la recomposition de la cellule familiale que nous imaginons ensemble, G et moi (tous les deux, la quitteuse et le quitté), nous avons à coeur que nos enfants aient une vision de notre séparation loin de toute dramaturgie liée aux valeurs chrétiennes ou autres… (et pourtant G est croyant, c’est dire…)

 Ce qui est fou, c’est quand je lis des commentaires passionnés parce que y a de la souffrance derrière tout cela, je me dis que celui qui nous donne à tous (oui, tout le monde) la meilleure leçon de vie, de sérénité, d’apaisement, et finalement pour l’avenir, c’est G.  Il m’en veut c’est clair, on a des points un peu complexes à dénouer, mais il a une démarche: c’est l’avenir de nos enfants qui ne passent pas pour lui dans l’arrêt d’une relation de couple…

7 Réponses vers «La perception des enfants»

  1. Pascal à dit:

    “Comment ils peuvent en arriver à juger négativement la décision de leurs parents ?” Simplement et aussi facilement que si l’un des deux parents fait une guerre froide en dénigrant l’autre parent. Ton père ne s’intéresse pas à toi et il est un salaud de tout ce qu’il nous a fait, ou, n’oublie pas que c’est ta mère qui a foutu le camp et qu’elle t’a abandonné toi aussi etc…

    J’opte pour les mêmes raisons ; lorsque les deux parents sont heureux chacun de leur côté, que les enfants ne sont pas pris en otages et que c’est le bien de ceux-ci qui prime chez les deux parents. Je crois que lesdits enfants seront eux aussi plus heureux et vont mieux accepter la séparation.

  2. Fabien à dit:

    Un environnement apaisé et calme pour les enfants, epanouissant, ce n’est pas de rester ensemble pour les enfants. Je crois que c’est la pire des lachetés que de proclamer cela. Personne ne divorce de gaité de coeur, mais je suis certain que tes enfants, les miens, ceux de pleins d’autres couples se séparant nous en seront reconnaissants un jour ou l’autre, quand ils seront en âge de comprendre. Je ne dis pas que c’est simple, je ne dis pas que c’est sans complications, difficultés, crises, mais, au final, rester “pour les enfants”, c’est nier la capacité qu’ont les enfants à percevoir et a ressentir durement les tensions d’un couple qui ne s’aime plus.

  3. la JD à dit:

    Je suis divorcée depuis 10 ans, et je suis en mesure de dire que mes filles sont heureuses et épanouies parce que leur maman l’est aussi.
    Et pourtant mon divorce a été trés difficile.
    Le plus important est de dialoguer avec les enfants et qu’ils integrent que oui, un homme et une femme peuvent un jour s’aimer et le lendemain non. Par contre, l’amour d’une maman ou d’un papa c’est éternel. Il ne faut pas confondre les rôles, il y a la maman des enfants et l’ex épouse. Et on ne dit jamais une ex-maman. Vis ta vie, sois heureuse, et ce bonhneur sera donné à tes proches.
    Quand mon mari m’a quittée, j’étais effondrée comme doit l’être G, et aujourd’hui je suis la plus heureuse des femmes car il a fallu que j’aille chercher en moi le meilleur pour me reconstruire.
    Il n’y a pas de quitté ou quitteuse, juste des hommes et des femmes, avec leurs forces et leurs faiblesses.
    Pour un enfant, ce qui compte, c’est l’amour qu’il reçoit de ses parents, dicorcés ou pas.

  4. Chulie à dit:

    Bon, j’ai volontairement occulté ce que j’ai ressenti par rapport à mon père. Tu l’as peut être perçu dans mes petits cailloux, ou pas.

    Je l’ai longtemps méprisé et détesté. Je lui en ai voulu de ne pas avoir su “retenir” ma mère. je l’ai très souvent trouvé lâche et minable de ne pas s’être battu.

    Du coup je n’avais plus envie de le voir, et pourtant j’y était forcée, c’était lui qui avait obtenu notre garde et qui payait mes études…

    Et puis, toujours en grandissant, je me suis rendu compte qu’au contraire il avait été humble et courageux. Il aurait pu mettre des bâtons dans les roues de ma mère, faire un scandale, tempêter, lui demander du fric, la faire chier sur des détails matériels etc.

    Ben non, il a été classe, gentlemen, digne, il l’a laissée partir parce que c’était sa décision à elle et qu’il la respectait. Je souhaite à G. de réagir pareil. C’est le mieux que je lui souhaite, sincèrement. Ca fait surement plus mal, parfois on a l’impression de passer pour le bon crétin cocu, mais il faut surmonter ça et agir de façon mature.

    Et puis aussi mes parents se sont vraiment bien comportés, ils ont été clairs avec nous, ils ne s’en sont jamais foutu sur la gueule en notre présence, et par la suite ils ont tenu compte des désirs de chacun.

    Par exemple pour le mode de garde ils nous ont posé la question et c’est mon frère qui a décidé pour nous deux “moi, je reste avec papa”. Moi ça m’était égal, je savais très bien que je ne pouvais pas vraiment aller vivre avec ma mère et son compagnon.
    Ensuite on a toujours discuté à 4 des trucs genre Noël, Anniversaire, chez qui, quand etc. Et mes parents allaient ensemble aux réunions de parent d’élève de mon frère même s’il fallait que ma mère fasse plusieurs kilomètres pour ça.

    Deux adultes qui ne s’aimaient plus mais nos parents, en somme.

  5. Chulie à dit:

    Ha oui et pascal a raison : ne pas dénigrer l’autre parent.

    Une fois mon père qui avait un gros besoin de se confier m’a parlé des infidélités passées de ma mère et je l’ai très très mal vécu. J’avais 18 ans pourtant. I

    l ne faut pas faire ça. Jamais avec son enfant. Parce que même si j’aime ma mère et que je la soutiens à 100%, ce petit poison s’est instillé dans ma tète, et il m’arrive de douter.

    Bon essayer de faire passer le message aux grand père grand mère oncles et tantes c’est plus difficile. J’ai eu le cas avec la grand-tante de mon père qui traitait ouvertement ma mère de pute. J’étais mortifiée et révoltée je n’ai pas osé défendre maman ni en parler à mon père.

    Les petits parlent peut être plus facilement ? En tout cas faudra faire attention…

  6. jumellescosmiques à dit:

    “Ben non, il a été classe, gentlemen, digne, il l’a laissée partir parce que c’était sa décision à elle et qu’il la respectait.” Plus que classe ou gentleman à mes yeux. C’est tellement facile de trouver des torts à l’autre, tellement tentant aussi de trouver dans ses enfants des aliés loyaux et d’une fidélité indestructible. Quand des parents arrivent à ne pas avoir se comportement ça me laisse envieuse. Pas jalouse, juste envieuse.
    Non ma mère n’a jamais vraiment dénigré mon père biologique si c’est ce que vous vous dites en lisant mon message. La situation est plus complexe, plus tordue et plus malsaine que ça. Mais après les échanges sur le dernier message ça fait du bien de lire ce qui vient d’être écrit.

    Dr Hell

  7. delaroze à dit:

    et bien quand je vous lis, je me dis que le fil est mince quand même pour arriver à ne pas flancher d’un côté ou de l’autre… mais je sais que G et moi, on est sur la même longueur d’ondes et que le travail en thérapie va nous aider à savoir ce qu’il faut dire ou ne pas dire…

    Je sais par contre que je n’ai rien à reprocher à mon mari, que je le quitte malgré lui… et non pas contre lui… Quant à l’entourage familial, je ne sais pas du tout comment ca se passera dans l’avenir…

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