L’abandon de la colère

J’aurais pu m’emporter face au mensonge de G et de son ex, j’aurais pu me venger de tous les affronts que j’ai connu en 9 ans tellement sa présence me mettait mal à l’aise et l’inertie de G qui ne faisait qu’amplifier le phénomène. Finalement, cela ne sert à rien car n’ayant plus d’amour pour G, c’est une colère illégitime et en quelque sorte fabriquée qui ne me servirait qu’à régler des comptes du passé. Je préfère aller vers la sérénité car je crois que j’ai besoin aussi que mon futur ex-mari aille mieux pour que moi aussi, j’explose de joie et de bonheur.

 C’est Spip qui avait employé le terme de “chien abandonné sur la route”. En fait, le rapport que j’ai avec G, malgré les considérations financières du divorce ou autres faits difficiles après une rupture, reste toujours dans un dialogue, c’est pour cela que nous avons entamé une thérapie familiale pour nous accompagner dans le deuil du schéma familial que nous avions prévu préalablement.

C’est clair que mon mari souffre encore, mais je ne veux pas le laisser comme un chien au bord de la route malgré ma décision et tout ce qu’elle a entraîné. La colère est instictive mais elle ne sert rien de positif, bien au contraire, elle nous ramène à nos rancoeurs et nos défauts. Or nous sommes humains et imparfaits, c’est ainsi. J’ai donc appelé G pour calmer le jeu autour de cette histoire car nos enfants ont besoin de nous, pas d’un homme et une femme vivant leurs vies chacun de leur côté, mais d’une relative harmonie.

Cependant, c’est ce que j’expliquais à G, il est difficile, voire impossible pour deux ex de se réparer ensemble, je suis persuadée que la distance est nécessaire afin d’éviter l’ambiguité, et pour chacun est aussi sa place et en tous les cas soit capable de la trouver. Je lui ai parlé aussi peut-être pour la première fois de la difficulté émotionnelle que j’avais ressenti en prenant cette décision, en quittant notre maison et en aimant quelqu’un d’autre. Il ne comprend pas pourquoi je ne lui ai pas dit tout cela au moment de la rupture et dans les 6 mois qui viennent de s’écouler.

Je lui ai parlé de pudeur. Qui suis-je moi qui le quitte, le laissant malheureux sans alternative de la seconde chance, pour lui parler de mon désarroi et de ma souffrance? Et bien, il m’a répondu qu’il était rassuré car là il avait la sensation de se retrouver face à la femme qu’il a aimé. Le fait que je ne lui dise rien l’a amené à se dire qu’il ne me connaissait pas réellement, que j’étais capable du pire. Le fait que je lui dise que je n’étais pas indifférente lui a permis selon ses dires de continuer à me voir telle que j’ai toujours été, la femme qui l’a accompagné pendant presque 10 ans. Il m’a dit aussi qu’il avait besoin de temps pour se reconstruire mais que je devais être heureuse maintenant et que si c’est avec C que je le suis, il n’y a rien d’autre qu’à assumer pleinement mes choix car sinon, il reste comme une contradiction entre la décision et la réalité 6 mois après.

Le fait que moi, je lui dise que j’en ai aussi bavé, m’a permis aussi de retrouver une relation sereine avec lui, en capitalisant sur nos souvenirs. Maintenant, il nous reste à inventer une relation d’ex autour de nos enfants. Et on se disait tous les deux, il y a à peine 3 heures, que nos enfants nous montraient l’exemple en ce moment, ils vont bien, sont heureux, ils s’adaptent et sont loin d’être avares de mots doux et calins. Alors pourquoi s’en faire? Merci à mes deux petits bouts d’amour….

Publié dans humeur du jour, mes fils, mon mari.

8 Réponses vers «L’abandon de la colère»

  1. spip à dit:

    Marrant ce billet.
    Je suis moi-même en paix depuis peu avec celle qui a pris cette décision de tout lâcher. Je suis en paix avec moi-même. Nous sommes en train de réinventer une nouvelle relation ; celle de parents “intelligents” mais aussi une relation de connivence, un truc indéfinissable qui n’est pas de l’amitié mais un sentiment bizarre que je ne comprends pas moi-même. Un immense respect pour celle qui restera la maman de nos 2 garçons. Je n’ai plus ni rancoeur, ni colère, ni souffrance. Du coup, tout s’éclairci. Les discussions deviennent saines, posées. Après tant de souffrance, la libération. Cette sensation, je la souhaite à tous ceux qui ont un jour été quitté. ( Désolé, je ne connais pas le côté des “quitteurs” ).

    Je te souhaite le bonheur que tu mérites Delaroze.

  2. delaroze à dit:

    moi aussi, spip. Je te souhaite le bonheur ainsi qu’à G. Merde, est-ce qu’on peut se séparer dans le respect et à la hauteur de ce qui a été nos engagements mutuels?

  3. spip à dit:

    Maintenant, je peux répondre sans hésitation à ta question : Oui !!
    Mais pour ça, il faut que les 2 parents soient dans la même dynamique … pas facile. ;)

  4. delaroze à dit:

    et oui pas facile de trouver l’interaction entre les deux… Mais nos enfants, eux ils le méritent et surtout ils en ont besoin….

  5. Fred à dit:

    Bon je me lance. En public et sans filet. Chère Delaroze, voudrais tu devenir mon ex-femme?

    (j’insiste sur le ex hein avant de prendre un coup de rouleau à patisserie en rentrant à la maison) ;)

  6. Fred à dit:

    [Comme quoi spip était pas si méchant que borné que ça dans le fond. Il y a avait juste quelques blessures à guérir.]

  7. spip à dit:

    Exactement fred ;)

  8. delaroze à dit:

    c’est certain…. Moi, je suis juste rappeller que même si je n’aimais plus G aujourd’hui, je l’ai aimé très fort et avec raisons. Du coup, tu ne peux pas faire comme si il n’existait plus ou l’accabler de reproches pour justifier ta décision. Je l’ai quitté parce que je ne l’aimais plus tout simplement, même si il y a dans cette phrase la certitude horrible que l’amour peut cesser…

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