Torpeur perso (Part One)

Chose promise, chose dûe, je reprend l’écriture après une bonne phase de digestion… Il en faut pour prendre le recul nécessaire afin de ne pas se laisser bouffer ni par la culpabilité ni par la désinvolture qui ferait table rase du passé sans en avoir compris l’essence. Je vais donc vous parler de pas mal de choses en 3 posts qui se suivront ces prochains jours, avant de réamorcer une écriture plus régulière. C’est toujours utile il paraît ce genre d’exercice de mise au point (promis, je ne consulte pas encore!!!).

Première chose: l’atteinte par la torpeur…. qu’est ce qu’elle nous raconte, la Delaroze????

Une sensation cotonneuse, une impression de flottement où tu n’es ni bien, ni mal… Je suis passée par là il y a quelques semaines… ce qui me déphase le plus, c’est le vide qui m’emplit dans ce genre de moments, tu es comme éteinte, étrangère à ta propre vie qui passe. C’est quelque chose de terrible en soi!!!! Je n’aime pas cela, je préfère ressentir, c’est ma manière de me sentir vivante…

Pourquoi donc cette phase? la fatigue en premier lieu, le contre-coup des choix que j’ai pris… car malgré les apparences, même si j’ai décidé de partir, j’en assume l’entière responsabilité, ce qui amène souvent à son pendant, la culpabilité… lutter contre le sentiment d’être coupable est usant à la longue, regarder tes enfants et te dire que toi seule a décidée de leur destin familial a quelque chose de révoltant et d’humiliant pour toi qui veux te croire une mère à la hauteur… Je ne veux pas me dédouanner de mes responsabilités, je ne veux pas faire comme si aujourd’hui, rien de ce que j’ai fait n’a de conséquences… alors, je lutte mais je fatigue… je ne suis ni malheureuse, ni heureuse dans ce genre de moments, je suis juste en combat avec moi-même en attendant que cela passe… parce qu’heureusement, ca passe…

En marge de la fatigue, il y a la réinvention de la relation avec l’EX, mon cher mari… là aussi, il faut que je lutte contre l’énervement qui me gagne ou quand en deux ou trois mots bien choisis, il remet une petite couche de “c’est qui qu’est responsable de tout cela?”. En fait, je me suis aperçue de pas mal de choses, et ma vision de lui m’éloigne de ce si “gentil” mari que j’avais pu décrire précédemment… Je ne parle pas ici de la haine ou de la colère qu’il éprouve en tant qu’homme quitté, mais de quelque chose de plus profond.

il a cette manière (que je connais depuis toujours d’ailleurs) de se poser en personne moralement irréprochable, au point que du coup, chaque mot qui sort de sa bouche est parole d’évangile. C’est le syndrome de “regarde-moi comme je suis parfait, je comprend tout, je t’ai pardonné, donc si je te dis ceci ou cela, ce sont les bonnes intentions qui m’animent”. G aime l’idée d’être quelqu’un d’hyper altruiste, de généreux, le bon père de famille avec tout le monde. Ce qui lui confère une très haute opinion de lui-même. Il ne peut pas être à côté de la plaque, il ne peut pas ne pas avoir tort, je dois être d’accord avec lui et donc par ricochet, je n’avais aucune raison “morale” et “légitime” de le quitter… Ce qui fait que oui, il m’énerve parce que moi je cherche à me libérer de cela. Comment lutter contre la culpabilité dans ce genre de moments? d’autant plus que nous nous parlons tous les soirs au téléphone, c’est vraiment pénible. Et encore une fois, je suis la méchante parce que je m’énerve…. cela aussi, ça me rend cotonneuse!!!

Bref, voilà, pour la torpeur perso…. y’en a une autre bien carabinée, la torpeur professionnelle, mais ça c’est pour demain!!!

12 Responses to “Torpeur perso (Part One)”

  1. tina Says:

    C’est étrange quelque fois de voir le point de vue du quitteur. Suis du coté de la quittée et finalement je me pose moi aussi en “suis parfaite, s’est pas moi qui suis partie sans penser au reste” mais en vrai il y a pensé comme toi tu y penses, lui aussi doit sans doute s’interroger sur tous les changements de cette décision.
    J’espére que tu iras mieux, comme moi aprés avoir lu ton message.
    Tina

  2. caz Says:

    Il est toujours assez facile de se positionner dans le “rôle” du “mari parfait”. J’ai un peu eu aussi cette posture. Il est plus facile de se dire que l’on a tout essayé et que l’on a pas grand chose à se reprocher. C’est parfois un peu vrai. Mais cela reste quand même un échec et on se pose toujours des questions sur ce que l’on a pas vu ; ce que l’on a pas voulu voir ; ce que l’on aurait du faire ; ce que l’on a fait et ce que l’on a pas fait .
    Quitté(e) ou quitteur (se) on passe par des grands moments de culpabilité, d’anéantissement en regardant ses enfants. Je me suis souvent demandé, comment cela ce serait passé sans les loulous. Tout aurait été différent et nous ne nous serions pas acharnés comme nous l’avons fait. Chacun à ses raisons de vouloir recommencer, de vouloir partir et nous avons aussi le droit de les juger(ces raisons)( malgré le fait que pour la bonne forme, nous disons que non nous ne nous permettons pas de juger l’autre …).

  3. inthewild Says:

    Je ne comprends pas cet “énervement”. C’est le signe d’un truc pas réglé avec toi, sinon avec ton ex. De son côté, s’il se positionne comme “l’homme parfait qui n’a rien à se reprocher”, c’est stupide. Ce qui est d’autant plus regrettable, car tu dis avoir des relations tous les jours avec lui. Alors, pourquoi ne pas avoir une franche discussion, débarrassée des reproches réciproques, en baissant les masques et en vous parlant vrai. Je suis certain que ton ex a assez d’intelligence pour admettre ses failles, ses éventuelles erreurs (on en fait tous) et toi de même. Avez-vous terminé le divorce, les conditions de la séparation? Car, s’il y a encore “bataille” sur ces sujets, impossible de se parler vrai sur les autres sujets.
    L’autre solution, c’est de couper totalement les ponts, pour ne pas subir cette relation et vous en tenir au strict nécessaire, voir vous passer les enfants via une maison de médiation pour éviter les contacts, s’ils t’apportent plus de mal que de satisfactions. Pour arrêter de “subir”, si tu ne trouves pas d’autre solution pour régler ça.
    Bref, si le divorce permet aux quitteurs de retrouver un nouveau bonheur ailleurs (le quitté y viendra aussi, heureusement pour lui…), il oublie souvent qu’il devra composer à vie avec son ex s’il y a des enfants au milieu… Il faut juste y penser avant… Mais si “on ne peut plus”, on ne peut plus…

  4. Isabelle Says:

    je pense qu’éviter les contacts directs est la meilleure façon de pouvoir chacun “se poser” de son coté, sans ranimer les conflits du passé.
    Les choses sont faites, chacun à sa part de responsabilité. Maintenant, le plus important est d’axer la priorité sur le bien être des enfants, qui conservent, eux, des parents qui les aiment malgré leur séparation

  5. inthewild Says:

    Oui, certes. Mais comment les enfants percoivent-ils le fait que leurs parents ne se parlent plus….? Que conserveront-ils, plus tard, de cette façon de faire entre deux êtres humains, la notion de couple… Bel exemple pour eux? Et comment parler “sereinement” des enfants quand les deux parents n’ont pas réglé leur différent, ne sont pas en paix avec l’autre? Sinon, à faire “semblant”, en parents “adultes et responsables” (j’aime bien cette expression hypocrite qui ne veut rien dire et que l’on nous ressert souvent…)…
    Pour moi, le meilleur reste l’acceptation de la situation par les deux parents, l’acceptation de nos propres failles et erreurs, l’acceptation que l’autre n’est pas ceci ou celà, mais juste “humain”… Mais peut-être que je rêve et que ce n’est pas possible…

  6. delaroze Says:

    @tina: ca va déjà mieux…

    @ caz: le truc, c’est que c’est pas une chose liée à la séparation, c’est un trait de caractère de mon mari qui a ses avantages mais aussi ses inconvénients comme le fait de t’infantiliser en permanence. Je ne souhaite pas qu’on s’acharne mais juste qu’on trouve la mesure d’une relation qui ne fonctionne plus sur le mode du couple… or je sens que G n’a pas encore fait la césure entre l’ex et lui. Et c’est ce qui s’est passé avec son Ex avant moi. Pendant 9 ans, elle est restée très présente jusqu’à la retrouver dans ma cuisine, le jour où j’ai rendu les clés de la maison à mon mari… moi, je n’ai pas envie d’avoir une relation complice et fusionnel… nous sommes des ex, à nous de trouver le point d’équilibre

    @interwild: je sais que mon “énervement” n’est pas légitime ou bancal par rapport à lui… mais je me détache aussi de lui, nous sommes restés 9 ans ensemble, je crois qu’au délà de la séparation physique, il faut aussi une vraie coupure relationnelle, ce qui ne veut pas dire absence de contacts car il y a les enfants bien sûr…. je ne suis pas sa copine ou son amie, et l’inverse est vrai aussi… cela ne me dérange pas de le voir ou de lui parler mais dans un climat où l’échange est serein et centré sur ce qu’il nous reste au présent: nos loulous…

    @isabelle: non, là, je serais plus mitigée sur la question car je pense que nos enfants ont besoin de percevoir que papa et maman ne sont pas deux entités complètement différentes et qu’ils communiquent ensemble, au même titre qu’ils nous ont vu partagé notre vie ensemble… comment leur assurer un minimum de sérénité quand amour entre adultes peut induire silence et coupure définitive… non, il y a une vie après la séparation, c’est juste pas pareil qu’avant…

    Non tu ne rêve pas Interwild, il est possible d’aller vers l’acceptation mais c’est un chemin tripartite: l’acceptation de mon ex, mon acceptation et l’acceptation de nos enfants… il suffit juste que la machine trouve le mécanisme pour s’enclencher, et là je n’en sais rien du tout… A voir….

  7. laviedesbetes Says:

    N’oublie jamais que la torpeur torpille… :) Quant à l’ex, c’est à croire que la morale de l’histoire lui échappe encore… dommage. Alex

  8. inthewild Says:

    C’est quoi “la morale de l’histoire”, justement, au juste? La “morale” d’une (finalement) banale séparation, comme il y en a tant (trop?)?…
    Et pourquoi dire que celà “lui échappe encore”? Mais qui y a-t-il donc à “comprendre”, là? Quelle est, encore, à l’ex, sa propre part de souffrance, liée à cette séparation (que ce soit par amour pour son ex ou de l’ego, mais on a tous de l’ego, c’est normal… ;) qui pourrait provoquer des comportement, conscients ou inconscients, pas bien perçus par Delaroze? J’ai parfois du mal avec des phrases toutes faîtes qui n’ont aucun sens à mes yeux. Je ne demande, pourtant, qu’à en comprendre le sens… Si on peut être plus clair…

  9. laviedesbetes Says:

    On peut être plus clair… :) Ce que je trouve navrant - mais peut-être ne fais-je que projeter mes propres traumatismes ? - c’est la bonne conscience, celle qui prétend survivre aux catastrophes, celle qui rend le coq fier de lui sur son tas de fumier… Il y a, en quelque sorte, un déni de réalité, un refus d’accepter sa part de responsabilité dans ce qui s’est produit, une façon de dire : “c’est toi qui a voulu tout cela, moi je n’y suis pour rien et le mieux que je puisse faire c’est de te pardonner…” Ce genre de pardon, qui transpire le ressentiment hypocrite, me répugne comme la pire des vulgarités. Mais ce qui m’agace davantage, c’est cette idée de la faute… Celui qui agit assume sa part de responsabilités, de risque, en se remettant en question, en se trouvant en situation de vulnérabilité, tandis que l’autre, fort d’une passivité d’autruche, larmoyant parfois, se confine dans une interprétation littérale de la prétendue loi morale, distribuant les bons et les mauvais points, s’érigant en juge alors qu’il n’est qu’une des parties… trop facile ! Heureusement que les juges et les avocats sont là… “rendre à chacun ce qui lui revient” (Aristote), voilà la vraie définition de la justice.

  10. inthewild Says:

    Dans ce cas, je comprends mieux et partage ton point de vue. Le “travail” de chacun, lors d’une séparation, est (à mon sens) de reconnaître loyalement ses propres “failles”, sans pour autant parler d’erreurs, mot trop culpabilisateur.
    Il est stupide, en effet, que l’un des deux reste dans une relation “j’ai raison, t’as tord”. Comme il est stupide que les deux protagonistes ne puissent pas avoir un échange franc, où chacun reconnait avoir merdé sur tel ou tel point, ce qui a amené l’un des deux à quitter l’autre… Comme il est stupide que le quitteur, dans certains cas, continue des années durant à garder de l’agressivité (et pour quelle raison?) pour celui qu’il a quitté… Il faut que chacun fasse, calmement, son propre mea-culpa et mettre au placard les anciens rapports de force, inutiles et stériles. De là, les deux pourront être en paix avec eux-même, avec l’ex. Surtout s’il y a des enfants au milieu… On n’a pas le choix, on est voué à s’entendre. Mais pas à n’importe quel prix. Uniquement dans le “vrai”, dans le “réglé”, dans l’échange constructif. Il faut aussi, de par et d’autre, une bonne dose d’intelligence. Et là, nous ne sommes pas tous égaux…

  11. jumellescosmiques Says:

    Pas évident tout ça. J’espère que tu vas arriver à te sentir mieux, à te détacher de l’attitude de ton mari même si c’est plus facile à dire qu’à faire et à trouver un peu de bonheur.
    Comment vont tes enfants?
    Darkmabious

  12. inthewild Says:

    Est-ce l’attitude de son mari qui “l’empêche” de se “libérer”, ou est-ce sa propre attitude vis à vis de son ex-relation et surtout d’elle-même qui créent encore un “blocage”? La question reste posée… De toute façon, le fait que Delaroze conserve cette “colère” / agacement vis à vis de son ex prouve que des choses ne sont pas encore réglées. Il faut se détacher, devenir apaisé et zen, accepter ses propres imperfections et vouloir être en paix avec son ex (ne serait-ce que pour les enfants…, c’est “mieux” ;) et soi-même, pour être parfaitement serein et pouvoir s’ouvrir totalement au bonheur.
    Mais, je le souhaite, peut-être que ce silence de 15j de Delaroze est le signe d’une avancée épanouissante, qui ne lui laisse que peu de temps pour venir ici.

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