Torpeur perso (Part One)

Chose promise, chose dûe, je reprend l’écriture après une bonne phase de digestion… Il en faut pour prendre le recul nécessaire afin de ne pas se laisser bouffer ni par la culpabilité ni par la désinvolture qui ferait table rase du passé sans en avoir compris l’essence. Je vais donc vous parler de pas mal de choses en 3 posts qui se suivront ces prochains jours, avant de réamorcer une écriture plus régulière. C’est toujours utile il paraît ce genre d’exercice de mise au point (promis, je ne consulte pas encore!!!).

Première chose: l’atteinte par la torpeur…. qu’est ce qu’elle nous raconte, la Delaroze????

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Je vais bien

Je me sens sereine et heureuse, pleine d’énergie et d’entrain. Je m’approprie ma nouvelle vie de maman solo, j’aménage doucement mon appartement, je me prends au jeu d’avoir des rêves, de projection dans l’avenir. Je vis, oui, je vis… c’est une période rare si je fais un rapide survol de ces 30 années écoulées…

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Retour sur: mes 3 billets et vous

Il y a trois billets et leurs nombreux commentaires qui ont marqué l’histoire de ce blog. j’ai tout relu et voici mon état d’esprit:

- ma grande question sur le bonheur, en suis-je capable? je dirais oui aujourd’hui, je m’ouvre de plus en plus aux autres…

- le syndrome de la culpabilité que j’ai porté pendant de nombreux mois; 9 mois après, il disparaît doucement grâce à mes enfants

- et nos théories sur le coup de foudre, qui finalement avec C n’en est pas un, car je l’aime plus aujourd’hui qu’au début de notre histoire… c’est maintenant que je le découvre et que je me découvre….

30 ans: l’âge du bouleversement?

j’ai vu cette semaine ma copine J. Elle avait un besoin urgent de me voir, ce qui n’était pas “normal”, ou disons à son habitude puisqu’on se voit très régulièrement avec nos enfants. Hop, un déj improvisé à Paris entre filles…

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Ah, l’amour…

Bon, je préviens, ce soir, c’est ambiance psy, je me triture le cerveau…

il y a une question qui me taraude depuis quelque temps, je pense que tout le monde se l’est posé un jour ou l’autre quand il a fallu faire des choix. Je me demande comment l’amour peut faire basculer tes choix, comment l’irrationnel de sentiments naissants peut te faire prendre une autre route que celle que tu t’étais fixé… Oh, il n’y a rien de nostalgique dans ce que j’écris, je suis très heureuse aujourd’hui avec un autre que mon mari.

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Exit notaire…

Nous avons vu le notaire lundi dernier et il nous a demandé une liste exhorbitante de choses à déclarer et à fournir pour procéder à la liquidation des biens de la communauté: le bien immobilier, la liste du mobilier, l’argus de la voiture, du scooter, l’évaluation de la SSII de mon mari ect… ce qui revient à payer 2,5% du montant total en prélèvements sur lequel il va se servir largement. Le problème est que notre avocat nous a dit qu’il n’était pas nécessaire de procéder à tout cela car nous nous sommes mis d’accord sur le partage des meubles (euh, ce qui est évidemment complètement faux….) et que je peux renoncer à ma part sur la société.

Donc, je suis en charge parce que cher mari ne veut pas s’en charger (sa sainte horreur du conflit) de contacter le notaire pour lui signifier ces faits et faire pression pour qu’il fasse le minimum. Sauf que je n’ai aucune connaissance juridique, donc du coup pas facile d’argumenter quand tu ne parles pas le même langage… Enfin, je l’appellerais demain, on verra bien…

Je sens que cette histoire va prendre encore un temps fou. Alors si vous avez une idée de ce qui est le minimum à déclarer au notaire pour avoir le moins de frais à payer, je suis preneuse….

a flux tendu

y a de ces semaines où tu te demandes comment tu vas faire pour survivre et ne pas succomber de fatigue. J’ai vu le notaire avec G qui a découvert l’étendue de ce que signifiait la communauté universelle de biens, il manquait des papiers alors que je lui avais donné la liste… bref, encore la désorganisation légendaire de mon mari…

je dois finir une étude ce soir (cette nuit) alors que le rendu n’était prévu que plus tard dans la semaine… Mon boss a essayé d’abord de plaider le coup du c’était prévu comme cela avec le client, heureusement chef de groupe a bien appuyé le fait que ce n’était pas le cas… donc au délà de nos divergences perso, il reste entre nous au moins quelque chose de pro….

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Négoce et finance: la partie hard du divorce

Le RV chez le notaire est fixé, j’ai finalement décidé de l’appeller moi-même étant donné l’inertie de G à ce sujet qui est toujours débordé (à tous les niveaux) et qui n’a pas encore compris qu’il lui faudra maintenant être un peu plus organisé, maintenant que madame n’est plus là pour gérer les affaires courants… et tac (je sais c’est bas, mais ca fait du bien)…

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Mes beaux-parents….

c’est cela qui est “curieux” dans une fin d’histoire d’amour, c’est qu’elle semble sceller la fin de tous un tas de relations, notamment celles avec la belle-famille. depuis la rupture, je n’ai plus aucunes nouvelles, ni des mes beaux-parents, ni de mes belle-soeurs avec qui j’étais très proche, ni de mon beau-frère, papa de mes deux neveux que je ne suis pas prête de revoir… je trouve cher le prix à payer pour avoir rompu avec un homme que je n’aimais plus. C’est difficile de savoir si je dois leur en vouloir de cette attitude ou bien rester dans l’attente que cela passe… est-ce moi qui dois tendre une main? ou bien n’est-ce plus mon problème? Est-il possible de trouver des relations harmonieuses tout en étant séparée de son conjoint? Car en filigrane, la seule vérité est que mes enfants sont leurs petits fils et leurs neveux et je reste leur maman. Et pour mes loulous, il n’y a qu’une seule famille. Je ne sais pas quoi faire.

Demain fight for new job & new life

Bon maintenant que je commence ma digestion de la news du début d’année, je me prépare à mon entretien d’embauche pour un poste dans un gros institut d’études. J’ai RV demain en fin de journée pour un emploi qui correspond à première vue à ce que je recherche et dans un institut que je connais déjà. Donc, je mise tout demain car je pense aussi que démarrer un nouveau job permettra de faire une réelle césure avec l’année 2007. Et puis, personne n’est irremplaçable alors comme je fais du boulot de merde, donc pas de prime, pas d’augmentation et pas de prise de responsabilités, je me dis qu’ils vont pas être malheureux et arrêter de me faire le chantage aux horaires aménagés. Je finirais mon job avec la même exigence de qualité voire plus pour leur montrer de quoi je suis capable. Mais dès que vient l’opportunité, je m’envole pour de nouveaux horizons professionnels.

Quant au divorce, les choses s’accélèrent, nous passons bientôt devant le notaire pour faire la liquidation des biens, et puis l’avocat qui entérinera notre convention sur laquelle (c’est une chance) nous sommes d’accord. Et puis, chacun vivra sa vie et je pense que cela va aussi certainement libérer G. Et j’avoue que je vais pouvoir penser à souffler et m’occuper pleinement de mes petits bouts de choux. Il y a comme une espèce de vent nouveau qui vient de se lever… j’espère qu’il en est de même pour vous, comment allez-vous en ce début d’année?

Un début d’année stupéfiant…

Déjà, une bonne année à vous tous (Darkamabious, Dr Hell, Fabien, Fred, Anais, Casallywood Charnel, 7didane, Pascal et pierre En particulier….)…

Me voilà donc revenue sur le blog, et depuis quelques jours de mon week-end de break en province en compagnie de C. En quelques mots, c’était un moment génial et apaisant, en parfaite rupture avec mon quotidien et cette année 2007 qui fut une année à jamais marquante dans ma vie. Mais, moi qui voulait commencer la nouvelle année sur du positif, en commençant à tourner la page de mon histoire avec G, je fus fort surprise de découvrir……

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Il devient ex un peu plus chaque jour

j’ai été tellement attachée à mon mari pendant des années qu’au moment de notre séparation et jusqu’à présent, je mettais G toujours dans le camp de mes relations indispensables, type les gens qui gagnent à être connus… et puis, dernièrement, j’ai observé que je faisais le deuil de notre histoire et que je le considérais de plus en plus comme un étranger dans ma vie personnelle d’aujourd’hui (et non celle avec les enfants, c’est évident).

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le syndrome du manque…

Oui, je sais, c’est un peu bizarre de dire cela… mais pas tant que cela en réalité… parce que je mène deux vies parallèles… Quand je suis avec C., mes enfants me manquent terriblement… je pense à eux, je me demande ce qu’ils font; ce qui est bien, c’est que j’ai une confiance totale en G., je sais qu’ils sont bien et heureux avec leur papa…

Et puis quand je suis avec mes enfants, car je n’envisage pas que C rencontre mes enfants pour le moment, et bien, il y a comme un manque, je pense à lui, je me dis que je serais bien là au chaud dans ses bras… Du coup, on s’appelle 2 ou 3 heures les soirs où l’on n’est pas ensemble…

 Et finalement, c’est là où je comprends totalement ce que peuvent ressentir mes enfants quand ils sont avec l’un ou l’autre de leurs parents… sauf que chez eux, les choses ne sont pas autant explicites que ce que je suis entrain d’écrire… En prenant conscience de ce fait, je pense qu’on fait d’autant mieux d’aller voir des psychologues, parce que j’avoue que je ne saurais pas comment faire pour leur faire passer du mieux possible le manque de leur papa… D’ailleurs, c’est impossible, ils nous aiment autant l’un que l’autre mais comme m’a dit T ce soir: “maman, tout va bien, je sais que toi et papa vous nous aimez et qu’on sera toujours vos enfants, je ne suis pas triste” en concluant “ca arrive des fois qu’on n’est plus amoureux, moi quand j’avais 4 ans, j’étais amoureux de N. et bien maintenant j’aime I.” .

Ok mon fils, t’as pas oublié d’être bête du haut de tes 5 ans et demi… je t’aime….

RV de ce matin

G et moi avions notre deuxième Rv avec les deux psys ce matin sans les enfants. Autant le premier avait été très dur pour G, autant celui de ce matin l’a été pour moi. Comme nous étions seuls, j’ai craqué et pleuré. Ca a été assez libérateur, je dois dire car je ne pleure quasiment jamais, à tort peut-être.

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Deuxième RV

Demain, nous avons RV G et moi au cabinet des deux psychothérapeuthes, sans les enfants. Nous allons pouvoir aborder sans retenue toutes les questions qui nous taraudent: qu’est-ce qu’on a le droit de dire? qu’est ce qu’il faut éviter? comment leur parler du divorce à venir? ect…

J’ai eu G au téléphone hier et il m’a fait part des charges considérables qu’il a. Je pense qu’il se dirige vers l’idée de vendre l’appartement. Moi, je reste en retrait, je suis toujours d’accord pour qu’il le garde. C’est à lui de voir. Je dois appeler l’avocat tout à l’heure pour notre premier RV avant la mise en route judiciaire.

La perception des enfants

C’est chulie qui par son commentaire (très apaisant au milieu du tumulte), m’a interpellé. Est-ce qu’un enfant, dans l’amour qu’il porte à son papa et à sa maman, peut en vouloir naturellement à l’un ou l’autre dans la décision de partir? Chulie me dit qu’elle a préféré une maman quitteuse et épanouie à une maman qui serait restée et qui ne l’aurait pas bien vécu…

Je me demande simplement comment ils peuvent en arriver à juger négativement la décision de leurs parents. J’ai lu beaucoup de commentaires sur le blog faisant état de ce que pourraient être les conséquences sur la “destruction” de la famille. Je comprends cette position, mais forcément de mon bord à moi, j’ai davantage une perception positive de l’avenir… sinon ca sert à rien… tu restes à te culpabiliser toute ta vie… Le but est d’assumer ses choix et je crois qu’il y a un moment où il faut avancer… et commencer à amorcer le fait que tu te sentes bien dans ta posture de quitteuse… ce qui pour l’instant n’est pas franchement le cas encore pour moi…

Bref, tout cela pour dire, que si les enfants te sentent bien, qu’ils reçoivent autant d’amour qu’avant, que papa et maman se parlent, qu’ils nous voient ensemble, qu’on aille voir un thérapeute à 4, il n’y a pas de raisons pour qu’ils puissent eux aussi traverser la séparation de leurs parents  tranquillement en comprenant les tenants et les aboutissants… dans la recomposition de la cellule familiale que nous imaginons ensemble, G et moi (tous les deux, la quitteuse et le quitté), nous avons à coeur que nos enfants aient une vision de notre séparation loin de toute dramaturgie liée aux valeurs chrétiennes ou autres… (et pourtant G est croyant, c’est dire…)

 Ce qui est fou, c’est quand je lis des commentaires passionnés parce que y a de la souffrance derrière tout cela, je me dis que celui qui nous donne à tous (oui, tout le monde) la meilleure leçon de vie, de sérénité, d’apaisement, et finalement pour l’avenir, c’est G.  Il m’en veut c’est clair, on a des points un peu complexes à dénouer, mais il a une démarche: c’est l’avenir de nos enfants qui ne passent pas pour lui dans l’arrêt d’une relation de couple…

RV chez le psy (II)

en fait, j’ai peur… peur de l’avis des psy! j’ai tellement passé l’été à me culpabiliser pour mon choix de vie et je me relève doucement en essayant de me booster vers une vie structurée autour de cette nouvelle donne… j’ai peur qu’ils mettent le doigt sur un éventuel manque de discernement dans le bien-être de nos enfants, qu’ils me disent que je m’évertue à voir ce que moi, je veux voir… j’ai tellement l’impression que nos enfants arrivent à surmonter cette épreuve, qu’ils sont à l’aise autant chez leur papa que chez moi, qu’ils ne manifestent rien d’alarmant…

T est de plus en plus assidu à l’école, m’a encore répété sa maîtresse et elle n’a pas observé de signes inquiétants, qu’il parle librement de la séparation de son papa et de sa maman… R suit son petit bonhomme de chemin tranquille… la seule chose qui est réellement palpable, c’est que leurs liens à tous les deux se sont renforcés considérablement, malgré l’écart d’âge, ils sont sans arrêt collés l’un à l’autre à jouer…

Je prêterais donc une oreille plus qu’attentive à ce que les psy vont me dire… en espérant que je ne serais pas désignée comme une mère “coupable”…

RV est pris

G et moi avons RV samedi prochain avec deux psy et nos enfants afin de faire un bilan. Nous voudrions voir si ils vont bien et si le mode de garde alternée choisi est en adéquation avec leur bien être. G pense que nous devrions envisager d’opter pour une alternance 1 semaine/1 semaine alors que pour l’instant nous sommes à 2 ou 3 jours d’alternance en fonction des week-ends. Moi, j’avoue que je ne suis pas pour. Car l’absence de l’un ou l’autre des parents pendant autant de jours peut être mal ressenti et de plus, il s’avère aussi que ce n’est même pas nous qui profiterions de nos enfants dans la semaine. Nous devrons alors les faire garder par les grand-parents ou par une baby-sitter vu nos emplois respectifs assez prenants.

Le mode de garde actuel permet que cela soit l’un des deux parents en alternance qui s’en occupe et je trouve que c’est tjrs mieux que de confier ses enfants à un tiers. De l’autre je m’interroge aussi sur ce qui doit prévaloir: est-ce la stabilité en termes de lieu de résidence qui est important? c’est ce que sous-entend G, pour lui, le fait qu’ils alternent tous les deux ou trois jours soit chez lui ou soit chez moi ne peut être que déstructurant… ou bien alors est-ce la présence très rapprochée dans le temps de chacun des parents qui mérite d’être retenue? vision que moi je privilégie…

de la justesse du consensus

Vendredi soir, j’ai donc annoncé à G que je ne reviendrais pas et que je souhaitais divorcer. Notre dîner s’est plutôt bien passé et il s’attendait à ce que je prenne cette décision. Nous avons abordé la question de l’après en misant tout sur la “confiance” et l’idée du consensus: même si nous ne sommes pas d’accord, il faudra toujours chercher une solution commune et non se retrancher derrière la rancoeur…

Nous avons aussi parler du partage des biens et là, je pense qu’il va falloir introduire la question du “DROIT” car je sens bien que derrière une certaine frilosité de G à concevoir un partage total, se cache le point de cristallation de son amertume: “pourquoi donnerais-je à mon ex-femme la moitié de tout ce qu’on possède puisque c’est elle qui se barre? et que je divorce par consentement mutuel alors que moi je ne veux pas divorcer?”

Bref, il nous faudra encore lever ces points de friction avec l’avocat qui nous expliquera les droits et les devoirs de chacun, afin de ne pas s’engluer dans une question de partage alors que ni lui, ni moi, nous n’avons idée de ce qu’il faut faire. Le rendez-vous est prévu pour la fin du mois.

l’après…

il y a comme une félûre, un sentiment de tristesse qui n’arrive pas à disparaître… pourquoi a-t-il fallu lui faire tant de peine? pourquoi ai-je dû passer sur tous ces souvenirs où nous étions heureux pour ne lui donner qu’à la fin de notre histoire un sentiment de trahison et l’une des plus profondes blessures qu’il aura dans sa vie? la culpabilité revient et c’est pas la saison qui aide.

Maintenant, il me faut gérer l’Après, cette vie que j’ai choisi envers et contre lui. Parce qu’il ne peut pas avoir d’autres voies que celle du bonheur, sinon les choix que tu fais ne sont pas les bons. Il faudra bien que j’apprenne à ne plus être celle qui a trahie pour aller vers celle que je veux être…

C’est en cela que je parle de redonner du sens à ma vie: quitter la peau de la femme coupable et honteuse, peinant à se détacher du passé pour une autre, celle d’une femme épanouie qui a fait des choix difficiles. Mais je vous avoue que c’est loin d’être simple et je sais bien qu’à chaque fois que je regarde nos deux garçons, je ne pourrais que savoir, et ce toute ma vie, qu’un jour, j’ai fait basculer le destin de toute une famille.

c’est aujourd’hui

Je vous en avais parlé la semaine dernière, ce jour, nous devions fêté nos 9 ans de vie commune. J’ai appelé G hier soir pour lui faire part de ma décision qu’on ne se verrait pas ce soir… pour une raison très simple, c’est que la symbolique est beaucoup trop forte et que cela n’a aucun sens de se voir dans ce contexte pour aborder la suite de notre séparation.

Nous avons parlé encore longuement avec diplomatie et une écoute respective… il a parlé de son mal-être, de sa souffrance non plus tellement en tant que conjoint mais en tant que père qui ne peut pas voir ses enfants tous les jours… je ressens aussi la même chose. Le plus cruel dans cette histoire-là, c’est que justement quand un couple se sépare, même leur statut de parents s’en trouvent fondamentalement modifié, la présence quotidienne n’en parlons même pas… et encore une fois, je sais que c’est moi qui ai crée cette situation. cela me fait beaucoup de peine pour lui, pour nos enfants et pour moi…

Il m’a clairement posé la question du moment où je vais lui annoncer que je veux divorcer, le plus fou c’était qu’il me dit qu’il sait que je ne vais pas changer d’avis, et que la moindre des choses c’est de lui redonner sa liberté et qu’il puisse passer à autre chose. Encore une fois, il a raison. Je lui ai répondu qu’évidemment, il était hors de question de l’acculer dans une position où à force de le faire attendre, ce sera lui qui prendra la décision…(je pense à toi, Parmi)… mais que je ne pouvais pas discuter de cela par téléphone… il faut que je le voye pour qu’on en parle… on a décidé de se voir au mois de novembre…

il a évoqué l’avenir et le fait qu’on refasse nos vies chacun de notre côté… il a peur que quelqu’un prenne sa place… je ne sais pas su lui répondre autre chose qu’il sera le seul papa de nos enfants… je ne sais pas quoi lui dire d’autres… c’est là où même si nous pouvons parler ensemble de manière sereine où le dialogue a ses limites… toutes nos angoisses, nos peurs, nos projections dans l’avenir… comment peut-on savoir? comment moi qui l’ai quitté puis-je avoir la prétention de lui présenter une vision de l’avenir radieuse et positive? je n’en ai pas le droit et du coup, je ne peux rien lui dire non plus…

Ce  soir, c’est sûr que je penserai à nous, à notre histoire… je ne suis pas avec les enfants alors j’ai opté pour un diner entre filles pour ne pas rester seule pour ne pas affronter la réalité du traumatisme que j’ai infligé à tout le monde… je sais que pour lui, la soirée va être horrible avec plein de choses qu’il va ressasser… G, je suis profondément navrée pour tout…

C’est fini, je rends les clés…

c’est un symbole… mais tellement parlant… je rends les clés de mon ancien appart à G ce soir. Il désire tourner la page et ne souhaite pas que je puisse accéder à l’appartement dont nous restons propriétaires à 50% chacun. Je suis partie sur le postulat de la confiance: Il ne doit rien vendre ou donner sans mon consentement et sans que j’en récupère aussi la moitié des sommes vendues… et si j’ai besoin d’accéder à l’appartement, je devrais lui formuler une demande express dans ce sens…

l’argent redevient un sujet un peu épineux. Il a enlevé toutes les procurations de l’épargne que nous avions mis de côté, les a utilisé pour payer ses charges professionnelles et n’a même pas pensé à partager les intérêts. Son postulat, c’est que c’est de l’argent que lui seul a mis de côté. Chose à laquelle je rétorque: que oui, vu la différence de salaire, mais j’ai gardé les enfants, et j’ai payé toutes les courses alimentaires et la nourrice avec mon salaire…

Beurk, c’est une polémique qui me dégoûte…  moi je vois que je suis à 45% d’endettement avec mon loyer, que je ne serais jamais propriétaire si je reste seule, et que je ne peux même pas payer des vacances aux enfants… lui part en vacances à Noël, et parle de partir à l’étranger avec les enfants l’année prochaine… il reste propriétaire et usufruitier de l’appartement . Je crois qu’il ne se rend pas compte vu les sommes qu’il brasse… je sais qu’il a beaucoup de charges mais il n’a pas conscience de tout le patrimoine qu’il a entre les mains (sa société, sa clientèle, l’appartement, le mobilier, et le patrimoine immobilier de ses parents ect;..).

Maintenant, il me reste à me blinder un peu pour commencer à voir un avocat et comprendre quels sont mes droits et quels sont les siens…. mais j’avoue que je ne suis pas encore prête à engager ce type de procédure… Quand tu es marié, je trouve que clotûrer son histoire de manière juridique est triste et pathétique… A quand le CDD du mariage où tous les 3 ans, tu renouvelles ton engagement ou non???

mon ventre se tord…

c’est quasi-physiologique… j’ai le ventre noué ce vendredi fin d’après-midi, les enfants sont chez leur papa… je ne les revois pas avant lundi soir… là, c’est dur… cela me fait à chaque fois le coup, 3 nuits de séparation et 3 jours sans pouvoir en profiter…

Mais nous avons eu, je sais, des enfants à deux… et leur papa a besoin d’eux autant qu’eux ont besoin de lui… il faut que je m’efface, que je fasse fie de cette douleur abdominale et de cette sensation d’avoir le coeur tout sec…

Partager chacun à notre tour nos deux enfants… c’est cruel pour chacun d’entre nous…  et le plus dur, c’est de savoir que tu en es l’unique responsable de par ta décision…

Dois-je attendre?

Il faudra bien que je prenne la décision dans un avenir proche, que je demande le divorce. Je m’étais dit que j’allais attendre d’avoir déménagé et d’être installée, de laisser passer quelques semaines avant de prendre une décision définitive. Mais j’ai des nouvelles régulières de G. Et il s’avère que pour moi, je ne reviendrais pas, je suis bien comme cela, je n’ai presque plus ce sentiment de culpabilité et je commence à apprécier mon nouveau chez moi.

Le problème étant qu’en ayant G au téléphone, et dans ma position actuelle de prôner un dialogue serein et positif, cela fait émerger chez G l’espoir qu’on revienne ensemble. Or je n’en ressens pas l’envie, même si je reste persuadée de l’opportunité de voir un thérapeute avant de se séparer de manière définitive.  Et quand je vois G essayer à nouveau, de rebondir sur chacune de mes paroles pour me démontrer que je l’aime encore, je me dis au nom de quoi je peux le faire attendre comme cela.

Dans dix jours, nous aurions fêter nos 9 ans de vie commune. Et il veut qu’on se voye ce soir-là parce qu’il ne veut pas être seul mais avec moi sans rien tenter comme il dit. Du coup, je suis partagée, le symbole est trop fort, se voir ce soir-là n’a pas de sens pour moi et ne peut qu’entraîner un nouveau rejet. Mais je me dis que c’est peut-être aussi l’occasion d’apprendre à se séparer en douceur.

Alors je ne sais pas quoi faire. Qu’en pensez-vous?

“Mon fils est en très grande souffrance”

Voilà ce que m’a dit son institutrice lorsque j’ai amené T à l’école maternelle ce matin. Elle a ajouté qu’il était à fleur de peau, qu’il pleurait dès qu’elle le grondait. Bon, je me doutais que notre séparation aurait de l’impact sur mes enfants. Il faut donc prendre le problème à bras le corps… et voir un pédo-psy.

Mais là où je m’interroge, c’est qu’elle me déclare aussi que tout va très bien à l’école, qu’il est très assidu et qu’il est toujours heureux dans la classe. Puis qu’évidemment, elle ajoute: ” il est hors de question de proposer à T quelque chose de long au niveau de la thérapie. Il aurait besoin juste de 2 ou 3 séances.

Là je tombe des nues, comment d’un côté déclarer le symptôme d’une “très grande souffrance” qui du coup, vous met une pression terrible et de l’autre, relativiser complètement le même symptôme en vous donnant des signes de relatif bien-être?  Il faut savoir de quoi on parle, on ne peut pas balancer ce genre de choses aux parents. J’adore.

C’est clair quand je lis le témoignage de Spip où sa femme fait comme si rien n’avait de conséquences sur leurs enfants, j’essaie de faire encore plus attention à mes enfants. Mais je m’interroge aussi sur la projection des adultes dans ce que serait la souffrance d’un enfant. Moi, je constate que T est clairement à fleur de peau, il demande bcp de calins… du coup, aucun problème, on parle mais sans que moi je guide la conversation. Sinon, c’est comme si je lui injectait ma propre perception.

Dans le nouvel appartement, il a l’air bien, il s’est déjà approprié son espace, joue avec son frère, fait ses nuits complètes or il n’en a pas fait une seule depuis 2 ans.  Il demande toujours autant d’attention, c’est le genre de petit garçon de 5 ans qui est bien speed et un peu toujours dans la lune. Mais à part, son extrême sensibilité du moment et c’est bien normal, je m’interroge sur cette façon si facile de poser le diagnostic d’un enfant en “très grande souffrance”. Je trouve cela exagéré. C’est comme si on disait qu’il faut obligatoirement qu’il soit dans cet état. Je crois qu’on peut être triste mais continuer à aimer la vie et garder sa perception enfantine sur les choses.

Cela étant, nous irons voir le pédo-psy mais moi je veux faire confiance aussi à mes fils dans leur capacité à prendre le dessus sur les évènements et non être du genre “t’es triste? t’es triste? non mais si, t’es triste”.