Voilà ce que m’a dit son institutrice lorsque j’ai amené T à l’école maternelle ce matin. Elle a ajouté qu’il était à fleur de peau, qu’il pleurait dès qu’elle le grondait. Bon, je me doutais que notre séparation aurait de l’impact sur mes enfants. Il faut donc prendre le problème à bras le corps… et voir un pédo-psy.
Mais là où je m’interroge, c’est qu’elle me déclare aussi que tout va très bien à l’école, qu’il est très assidu et qu’il est toujours heureux dans la classe. Puis qu’évidemment, elle ajoute: ” il est hors de question de proposer à T quelque chose de long au niveau de la thérapie. Il aurait besoin juste de 2 ou 3 séances.“
Là je tombe des nues, comment d’un côté déclarer le symptôme d’une “très grande souffrance” qui du coup, vous met une pression terrible et de l’autre, relativiser complètement le même symptôme en vous donnant des signes de relatif bien-être? Il faut savoir de quoi on parle, on ne peut pas balancer ce genre de choses aux parents. J’adore.
C’est clair quand je lis le témoignage de Spip où sa femme fait comme si rien n’avait de conséquences sur leurs enfants, j’essaie de faire encore plus attention à mes enfants. Mais je m’interroge aussi sur la projection des adultes dans ce que serait la souffrance d’un enfant. Moi, je constate que T est clairement à fleur de peau, il demande bcp de calins… du coup, aucun problème, on parle mais sans que moi je guide la conversation. Sinon, c’est comme si je lui injectait ma propre perception.
Dans le nouvel appartement, il a l’air bien, il s’est déjà approprié son espace, joue avec son frère, fait ses nuits complètes or il n’en a pas fait une seule depuis 2 ans. Il demande toujours autant d’attention, c’est le genre de petit garçon de 5 ans qui est bien speed et un peu toujours dans la lune. Mais à part, son extrême sensibilité du moment et c’est bien normal, je m’interroge sur cette façon si facile de poser le diagnostic d’un enfant en “très grande souffrance”. Je trouve cela exagéré. C’est comme si on disait qu’il faut obligatoirement qu’il soit dans cet état. Je crois qu’on peut être triste mais continuer à aimer la vie et garder sa perception enfantine sur les choses.
Cela étant, nous irons voir le pédo-psy mais moi je veux faire confiance aussi à mes fils dans leur capacité à prendre le dessus sur les évènements et non être du genre “t’es triste? t’es triste? non mais si, t’es triste”.